
Au cours des dernières décennies, les métropoles modernes ont assisté à une concurrence toujours plus serrée dans le domaine du secteur de la construction résidentielle, telle que les grandes entreprises de construction ont rapidement compris comment le coût supplémentaire, relativement contenu, de la maîtrise d’ouvrage d’un des grands noms de l’architecture contemporaine pouvait apporter d’énormes avantages. Une signature connue, en effet, non seulement représente une opération de marketing profitable mais souvent aide à faciliter l’approbation des projets de la part de l’autorité publique et peut contribuer à amener d’énormes capitaux d’investissement.
En outre, il se révèle un investissement productif car la valeur de l’édifice augmente dans le temps, en vertu de son intérêt artistique et historique.
Ainsi, de plus en plus souvent, grâce à l’importante disponibilité de ressources, s’élèvent des réalisations hardies, parfois discutables, choquantes, mais toujours surprenantes et merveilleuses, alimentant par conséquent encore plus le mythe et la légende personnelle des concepteurs, communément définis “starchitectes” ou “archistar”...
Récemment récompensé par le Leadership Award du New York Building Congress, l’association qui réunit 400 entreprises new yorkaises dans le but de promouvoir la croissance du secteur des constructions de la ville de New York et de ses alentours, l’architecte de Valence, Santiago Calatrava, est un des plus grands protagonistes de ce phénomène.
Le projet de 80 South Street, premier travail de construction résidentielle de ce génie visionnaire de l’architecture contemporaine, est une des oeuvres les plus innovantes et extraordinaires récemment apparue sur la skyline de la Lower Manhatthan.
Haut de 251 m, et pourtant lumineux et plus léger que l’air, ce gratte-ciel est la transposition en termes architectoniques de certaines structures réalisées par Calatrava dans les années 80 avec une série de cubes en marbre, de dimensions identiques et maintenus suspendus par des fils métalliques en différentes positions et angulations.
La sensation de légèreté produite de façon tout à fait inattendue par ces structures, malgré la consistance du matériau utilisé, a séduit le constructeur, M. Sciame, et fourni la base de cette tour résidentielle, qui, en effet, se compose d’une série de modules cubiques, revêtus de verre et superposés en une alternance de vides et de pleins.
Chacun de ces cubes sort d’un parallélépipède central très élevé, en ciment armé, destiné à accueillir les ascenseurs, les escaliers anti-incendie, les installations hydrauliques et électriques qui desserviront les appartements. Une structure tubulaire métallique, reliée à l’extérieur de ces mêmes tubes, fournit un ultérieur support à la construction. De cette façon, les espaces habitables internes sont libres de l’encombrement des colonnes et des pilastres et ceci ne fait qu’augmenter la grande sensation de luminosité et d’espace de ces habitations.
Chaque module est divisé en quatre étages et contiendra de deux à quatre appartements; le revêtement solaire de chacun des tubes offre, en outre, une très belle véranda pour celui supérieur, exception faite pour le plus haut, avec vue panoramique à vous couper le souffle sur la baie du fleuve Hudson et sur le Pont de Brooklyn.
Une luxueuse “residential stairway to the sky”, dans laquelle ne pouvait manquer la touche de design italien (Boffi, par exemple, parmi les fournisseurs de mobilier). Un paradis réservé à ces quelques chanceux qui retiendront opportune une dépense minimale de 29 millions de dollars pour un petit appartement de 1000m² en “co-propriété” à New York.
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